2018-01-10_134559-aveugle

 

Du noir broyait-il depuis des lustres

Du blanc surnageant  sa vile obscurité

Il arpenterait ce monde  jamais  frustre

Canne en main,  sa  blanche destinée

 

On se rencontra un soir du fait noir

Obscur nuit de tes yeux cloués

Je ne te discernais, calé  prés du Renoir

Pourtant  ce beau  regard d’étrangeté !

 

Sans effort toi tu me reconnu

Senteur de vanille, ma clarté

Celle de  ton méconnue

Tu me vis  là, tout prés, parfum  d’amitié

 

Pas à pas nous nous retrouvions

Enfoncés dans le plus profond

Longeant l’obscurité en poltron

Tu me tenais le bras sur le ponton

 

Dans ton grand salon quelle lumière

Un  chat de lune apeuré me griffait

Toi tu le caressais avalant une bière

En crachant sur l’obscurité  défaite

 

Tu riais de me voir si niais de ce mal

Ne rien voir  dans l’obscurité si belle

Tu m’appris le sens de ce décent normal

Que tu côtoyais, éternel sans prunelle

 

Tu me dis : -le plus dur est de voir 

Les malheurs  de ceux qui ne voient pas

Ils ne sont pas dans l’obscurité de ce noir

Faudrait-il !  Les  sortir de ce faux pas

 

Tu m’as obligé à me murer pour comprendre

Comment voir sans jamais,  vouloir rien y voir

Toi l’ami ta pensée n’est pas dans la chambre

De l’obscurité  trop de lumière à ton  dortoir

 

Quel bonheur tendresse,  de te voir, voir le voir

De me dire au quotidien : -  regarde bien la vie 

Je suis devenu l’ami  de ton voir pour  savoir

Qu’elle ne soit  jamais obscurité pour qui sait voir

ƒC