2018-04-30_160643-jacques vileret

 

Tu es parti avant l’heure  l’artiste triste

Tu n’iras plus demain  à ce repas de con

Quand on se tire menteur  le menton

Pour savoir qui rira sans un  rire  fumiste

 

J’en avais tant souris et rie de tes mimiques

Qu’en goinfre je ne m’en suis  pourléché

L’esprit  ravivé  d’une philosophie rêvée

Sagacité du pauvre, flatteur don véridique

 

Qui est pour sûr le vrai con des plus cons

Celui qui veut tromper en étant  ridicule

Où celui qui est trompé toujours  incrédule

De ce plaisir d’être le plus sage de bon ton

 

Tu avais la faculté démesurée de nous prêter

Ces bonheurs rieurs de riches expressions

Que ton visage vissait inéluctable à ta passion

Pour nous étourdir, au rôle de bon con  à aimer

 

Ta simplicité réfléchie ne savait parader hors

De tes extérieurs d’or, gentil complice tu étais

Comme à la scène, rôle du gentil  simplet

Qui accumulait la richesse  en  tes gestes d’abord

 

A la scène comme à l’écran radieux tu charmais

Nos esprits  alléchés par tes rutilantes réparties

Ressentaient le si vrai  du vrai de ta raisonnée vie

Homme débonnaire  dans le calme le plus parfait

 

Vois- tu l’artiste sage ce rôle de ta vie est trop con

Trop talentueux, trop jeune, pour jouer ce vil rôle

Ce dernier rôle où  le destin a largué triste ta boussole

Je n’y ai pas cru, j’en fus  déçu, ce fut  trop con

 

Nous aurions pu avoir encore de si beaux décors

Pour te voir, t’entendre applaudis par nos bonheurs

Peux-tu jouer et faire rire le ciel  là haut à l’heure

De notre temps  sombre en  nous livrant tes étincelles d’or.

ƒC

 

 

 

 

 

 

PS : Jacques Villeret,  acteur Français,  (1951-2005)