2018-11-04_041900

Le Député et ses détracteurs

 

Par un après midi  ensoleillé de la fin du bel été

Dans le  parc ombragé du petit pavillon blanc

Se reposaient assoupis  sur la pierre des bancs

Quatre quidams qui de long  temps se connaissaient

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L’un avait été député à l’assemblé; Il y légiférait

Homme  rude, sévère à la tâche sans concession

Il n’avait de droiture  que sa vigilante conviction

Ne pas craindre le larmoiement  de la pauvreté

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Soudain sur son banc il fut pris d’un brutal malaise

Et son grand âge lui enleva le prestige des jours

De sa faste faconde et à son coté chacun à son tour

Vint le voir et compris que cela n’était point fadaise

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Vint  un doué syndicaliste au regard vif: L’entreprit

-       Alors mon cher! Souvenez-vous quand je  vous priais

D’aider nos braves  travailleurs ; Qu’avez-vous voté !

Pour les préserver leur  bonheur  que vous aviez meurtri 

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D’une voix nasillarde le vieux député usé chuchota

-       Je te comprends mon ami mais que veux-tu ton combat

Plein de raison  contrariait  en son sens ma gaie fiesta

Vaillant as-tu été pour les autres, le sujet n’est plus là¤

Aussi laisse-moi  partir;  je comprendrai sagement  ta raison

 

Un patron retraité s’approcha,   attentif vint prés de lui

-       - Vous voilà moins gouailleur!

-       En ce jour suis-je soumis

A la  superbe de vos lois qui  m’ont  ruiné à façon

Comment entreprendre de  t’aider maintenant, crois-tu !

Que je puisse t’accorder le bénéfice de ma riche bonté

 

Dans un soupçon de vie le vieux député se permit fatigué :

-       Je te comprends! Qu’il fut dur d’accepter toute les vertus »

-J’avais compris toute ta force à me combattre à ton prix

Mais le bénéfice toujours se partage, il y a toi et les autres

Ceux, c’est vrai les avantagés heureux,  les bons apôtres

Merci !  Laisse moi périr, je ne puis  point avoir de remord

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Délaissé par les autres, un ancien brigand libéré le reconnu :

-       C’est ta loi qui  a laissé au juge,  de sévère me condamner

Peux- tu te souvenir! Du grand mal qu’elle m’a d’aise infligé

Tant d’années de prison ont bafoué intransigeantes ma santé

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Le vieux député s’étouffait et dans un dernier râle empreint

D’un éclair de lucidité s’exprima dans une faconde dernière

-       Non surtout pas toi! Ma loi t’a permis d’être dans la lumière

Quand moi je vais rejoindre le noir, tu ne devrais être plaint 

-       Non! Surtout pas toi car ton  mal  fait n’a de comparaison

Avec la loi que j’ai érigée : l’abolition de la peine de mort

Ta sentence fut  sage eut égard à la mort qui me prend alors

Tu aurais été trop lâche pour accepter ton sort ; ma contrition

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Vous !  Femmes  ou hommes de prestige sachez que demain

Quand vous aurez perdu votre majesté et votre bonne faconde

Tous tenteront vils de vous juger sur vos décisions fécondes

Prises en votre  raison mais   qui auront procuré au demain

Tant de malheurs à vos congénères par vous contraints   .

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